Terre rocheuse

“Est-ce que les chevaux courent sur un rocher, est-ce qu’on y laboure avec des bœufs?” Amos 6,12

Photo:  wikipedia
Photo: wikipedia

Bonjour, mes chères amies en Christ,

Quelle tâche détestez-vous le plus faire dans le jardin?

Pour le plupart des gens, il s’agit du désherbage.  Pour d’autres, c’est répandre l’engrais, ou labourer la terre après l’hiver.  Pour moi, ce ne sont pas les tâches les plus fatigantes.  Ce que je déteste, avant tout, est ce que j’appelle “récolter les pierres.”

Notre terrain est rempli de pierres.

Quand on a fait construire notre maison ici dans la région d’Amiens, j’avais à cœur de jardiner.  Je n’ai jamais eu un terrain où j’avais libre accès aux plantations, et j’avais hâte de transformer notre tas de terre en Jardin d’Eden, si on veut.

Je ne m’attendais pas à ce que notre terrain soit composé d’une petite couche fine de terreau, et le reste étant un énorme bloc de calcaire.

Voilà que commençait notre plus grand défi.

Au début, j’étais assez optimiste.  “Tout ce qu’on a à faire est d’enlever les cailloux de la surface, et cela suffira.”  Cela marchait bien dans ma tête, mais en réalité, plus on creusait pour enlever les cailloux, plus les cailloux apparaissaient.  Au lieu d’une pelle pour labourer la terre, je prenais la pioche.  Lorsqu’on finissait avec un endroit et qu’on s’apprêtait à semer le gazon par exemple, il pleuvait, et le temps de revenir à notre plantation, la terre était devenue aussi dure qu’avant.  Retour au point de départ.

Ce jours difficiles passés à casser la terre, transporter les cailloux, et labourer la terre m’ont apporté plusieurs occasions de penser à la terre elle-même, et la Parole de Dieu.

Je réfléchissais à la parabole que Jésus racontait à Ses disciples en Matthieu 13, et les différentes sortes de terrains.  Je comprenait bien maintenant les différences entre ces terrains.  Avant d’arriver ici, tout le terrain où se trouvait notre maison était un ancien champ de colza.  Donc, avant de commencer à planter, il fallait déraciner le colza pour que cela n’étouffe pas mes semences.  Ensuite, il y avait ces cailloux, partout, certains qui se trouvaient juste en dessous de la surface, loin de ma vue, mais empêchant mes plantations de bien prendre racine.  Les pierres devraient disparaître .

Combien j’étais reconnaissante pour les petites parcelles de terre où je pouvais planter ma pelle et planter mes plantes.

Mes labeurs ont souvent provoqué la question:  Qui (à part moi) serait assez cinglé pour vouloir planter quelque chose d’utile parmi des pierres?

Mon mari a prêché récemment sur un passage en Amos 6, où Dieu lui pose la question: “Est-ce que les chevaux courent sur un rocher, est-ce qu’on y laboure avec des bœufs?”  Vaut-il prendre la peine de labourer parmi les rochers?

Probablement pas, cependant…

Dieu a mis ce passage sur mon cœur pour me parler de mon “labeur” parmi les français.  Comme vous le savez, il n’ existe pas au monde un champs missionnaire facile pour semer la Parole de Dieu.  Les cœurs réceptifs, tout comme les endroits de terre fertile de mon jardin, sont de plus en plus rares de nos jours.  Comment même commencer  à semer la Parole dans des cœurs aussi durs que du béton?

Il faut beaucoup labourer.  Il faut beaucoup d’arrosage.  Il faut beaucoup de persévérance.

Je ne suis pas appelée à produire la récolte, juste à semer.

Je suis tellement soulagée que Dieu ne m’ordonne pas de faire croître Sa Parole dans les cœurs des gens. Je n’ai pas la “main verte,” mais plutôt une main brune, ou même noire.  Les plantes sous ma garde sont souvent en péril.  Mais je peux planter.  Je peux arroser.  Et je peux confier le fruit de mes labeurs à Celui qui fait en sorte que toute semence grandisse et mûrisse.

Témoigner pour Dieu prend du temps.  Il y a beaucoup trop d’années où la terre fertile dans les cœurs n’a pas été retournée, et le résultat a produit des cœurs durs comme du béton.  Le travail se trouve littéralement tout autour de moi, si seulement je prenais le temps de regarder, prendre ma pelle (ou ma pioche) et travailler.

Serait-ce difficile?  Probablement.  Serais-je découragée par moments?  Certainement.  Cela voulait-il dire que je devrais renoncer à ma tâche, ou changer de champs?  Absolument pas.

Il faut seulement continuer à labourer.

La prochaine fois que la tâche de semer dans les cœurs semble trop difficile à mes yeux, que Dieu puisse me rappeler mon jardin.  Après presque 10 ans de labeurs acharnés, j’ai un arbre (aussi petit qu’il soit), ses arbustes, des haies, des rosiers, des bulbes et des fleurs assorties qui poussent malgré un sol non-favorable.  Il fallait simplement beaucoup de travail–il reste encore beaucoup à faire, mais au moins cela est un début.

Que je puisse être fidèle dans mes labeurs aujourd’hui, pour que les gens autour de moi puissent aussi profiter de la grâce merveilleuse de Dieu, et commencer à grandir en Lui.

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